Affichage des articles dont le libellé est Caroline Glick. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Caroline Glick. Afficher tous les articles

vendredi 27 février 2015

Elections israéliennes - Obama se présente contre Netanyahou



 

 
Michel Garroté  --  L’excellente analyste géopolitique du Center for Security Policy, Caroline Glick, a récemment publié, sur Front Page Magazine, l’article que voici (extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page) : Officiellement, l’élection du 17 mars se fera chez les Israéliens. Selon notre vote, soit le Premier ministre Benyamin Netanyahou restera à son poste et formera le prochain gouvernement conduit par son Parti, le Likoud, ou bien Itzhak Herzog et Tzipi Livni formeront le gouvernement. Mais officieusement, un drame bien plus grand se déploie. Le choix n’est pas entre Netanyahou et Herzog/Livni. Il est entre Netanyahou et le Président des USA, Barack Obama. De la manière dont la Maison Blanche le considère, si Herzog/Livni forment le prochain gouvernement, alors Jérusalem dansera sur l’air d’Obama. Si Netanyahou est réélu, alors tout l’édifice de la politique d’Obama au Moyen-Orient peut chanceler sur sa base et s’effondrer.

Le secrétaire d’Etat John Kerry a fait clairement connaître le désir du gouvernement américain de renverser Netanyahou au printemps dernier par ses remarques devant la ‘Commission Trilatérale’. Ce fut pendant ce discours mémorable que Kerry étiqueta Israël, disant que nous deviendrions automatiquement et naturellement un Etat d’apartheid si nous ne donnions pas Jérusalem, la Judée et la Samarie à l’OLP, débarrassées de ses Juifs, aussi vite que possible. Malgré la vénalité d’Israël, Kerry garde espoir. Selon lui : « Si il y a un changement de gouvernement [en Israël], ou bien un changement dans les cœurs, quelque chose surviendra ».

Peu après le discours de Kerry sur l’apartheid en Israël, son médiateur au Moyen-Orient, Martin Indyk attaqua Israël et le tempérament du Peuple israélien dans un stupéfiant entretien au journal ‘Yediot Aharonot’. Entre autres choses Indyk insinua que, pour obliger Israël à faire des concessions exigées par l’OLP, les Palestiniens pourraient devoir lancer une nouvelle guerre terroriste. Indyk insinua aussi que les Palestiniens obtiendraient leur Etat qu’Israël accepte ou non leurs conditions. Selon lui : « Ils obtiendront leur Etat en définitive – soit par la violence soit en se tournant vers les organisations internationales ». Indyk fit ses déclarations comme officiel anonyme des USA. Quand son identité fut révélée, il fut obligé de démissionner de son poste.

Après son départ du gouvernement, il revint à son ancien poste de vice-président de la ‘Brookings Institution’ et de directeur de son programme de politique étrangère. En septembre dernier, ‘The New York Times’ rapporta que le ‘Brookings Institute’ recevait 14, 8 millions de $, donation sur 4 ans du Qatar, du directeur financier du Hamas et de ‘Frères Musulmans’. Cette semaine, Indyk était de retour en Israël pour une intervention à la conférence annuelle de ‘l’Institut pour les Etudes de Sécurité Nationale’. Il y donna un tableau de ce à quoi nous pouvons nous attendre de la part du gouvernement Obama dans ses deux années à son poste si Netanyahou forme le nouveau gouvernement. Sur le front palestinien, Indyk avertit qu’Israël ne devrait pas se soucier d’une résolution anti-Israël obtenue par les Palestiniens au Conseil de Sécurité de l’ONU ; mais plutôt s’attendre à ce que les USA se joignent aux autres membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU pour adopter une résolution « qui posera le principe d’une solution à deux Etats, contre la volonté d’Israël ».

Comme Indyk l’a laissé entendre, Israël peut éviter ce triste sort s’il élit un gouvernement Herzog/Livni. Un tel gouvernement dit-il, se pliera préventivement à toutes les exigences des Palestiniens et évitera ainsi une confrontation avec les USA et ses collègues au conseil de Sécurité. Indyk expliqua : « S’il y a un gouvernement en Israël après ces élections qui décide de rechercher une solution à deux Etats, alors il existe une voie d’avenir. Cela commence par la coordination d’une initiative avec les USA. Puis, associé avec eux, en se tournant vers l’Egypte et la Jordanie et la reprise de l’initiative de paix arabe ». De même pour l’Iran, Indyk ignora les préoccupations d’Israël sur l’accord qu’Obama cherche maintenant à conclure avec le régime iranien concernant son programme d’armes nucléaires. Cet accord permettra à l’Iran de parvenir au seuil nucléaire. Indyk suggéra que les USA pourraient apaiser les préoccupations d’Israël en signant un traité bilatéral avec lui, engageant les USA à agir si l’Iran dépassait un certain seuil nucléaire.

Il y a seulement trois problèmes avec un tel accord. D’abord, comme ancien ambassadeur aux USA, Itamar Rabinovich remarqua qu’un tel traité rendrait probablement Israël incapable de prendre une décision indépendante contre des sites nucléaires iraniens. Ensuite, les USA ont parfaitement manqué dans le passé chaque avancée nucléaire majeure dans tout autre pays. Les agences de renseignement des USA ont été surprises quand l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont rejoint le club nucléaire. Elles ont toujours sous-estimé les activités nucléaires de l’Iran et furent surprises. En d’autres termes, il serait déraisonnable pour Israël de croire que les USA agiraient en temps voulu pour empêcher l’Iran de transgresser le seuil nucléaire. Troisièmement bien sûr, l’absence démontrée de volonté des USA - en particulier sous le gouvernement Obama - de prendre la moindre mesure qui pourrait empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Aussi Israël n’a, de toute façon, aucune raison de croire que les USA honoreraient leur engagement.

Mais alors, puisque le gouvernement Obama croit que Herzog et Livni se plieront à sa politique, la Maison Blanche peut s’attendre à ce que ces deux-là renonceront à leur droit à l’autodéfense et placeront la sécurité nationale d’Israël concernant l’Iran entre les mains d’Obama. Et cela nous amène au véritable différend qui se déploie avant le 17 mars. Quand le Président de la Chambre des Représentants John Boehner annonça le mois dernier qu’il avait invité Netanyahou pour s’adresser aux deux chambres réunies du Congrès au sujet de la menace provenant du programme nucléaire de l’Iran et de l’islam radical, il a transformé involontairement les élections israéliennes d’une affaire locale en un différend entre Obama et Netanyahou.

La réponse d’Obama au discours de Netanyahou a été stupéfiante. Ses attaques ad hominem contre Netanyahou, ses décisions pour contraindre ouvertement des législateurs Démocrates à boycotter le discours de Netanyahou, et les tentatives agressives de l’administration de porter atteinte à la réputation d’Israël aux USA, étaient sans précédent. Plus que tout, elles ont démontré une crainte profonde si Netanyahou démontre le grave danger que représente la politique d’Obama envers l’Iran et le monde islamique pour la sécurité mondiale.

Ces craintes sont raisonnables pour deux raisons. D’abord du fait du degré significatif de la réponse sans vergogne du gouvernement des USA à la nouvelle de l’intervention de Netanyahou : l’invitation de Boehner à Netanyahou a déclenché un débat public, longtemps retardé aux USA, concernant la stratégie de compromis d’Obama avec le régime iranien. Les partisans généralement constants d’Obama, comme la rédaction du ‘Washington Post’, ont publié des mises en cause cuisantes de cette politique ces dernières semaines. Ces analyses ont noté pour la première fois qu’en se rapprochant de l’Iran, Obama s’aliène les alliés de l’Amérique et les affaiblit, permet à l’Iran d’élargir son programme nucléaire, renforce l’Iran régionalement alors que les USA ne font rien pour empêcher l’emprise de l’Iran sur l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen. Ensuite il est possible que dans ses remarques sur l’Iran et l’islam radical, Netanyahou parvienne à discréditer l’approche d’Obama sur ces deux questions. C’est possible parce que l’approche d’Obama est difficile à comprendre.

Après la décapitation de 21 Chrétiens coptes égyptiens par l’Etat Islamique, le gouvernement Obama est resté isolé dans son refus de remarquer que les victimes ont été assassinées parce que chrétiennes. Quand l’Egypte a exercé des représailles pour ce massacre par des frappes aériennes contre des camps d’entraînement de l’Etat islamique et d’autres installations en Libye, le gouvernement Obama a refusé de soutenir son allié. A lieu de cela, il a critiqué l’Egypte pour avoir agi seule et appelé à une solution politique en Libye, aujourd’hui dirigée par deux gouvernements rivaux, c’est devenu un bouillon de culture de terroristes de l’Etat islamique qui transitent de la Libye vers le Sinaï. Après le massacre de Chrétiens par l’Etat islamique, les dirigeants du groupe ont menacé d’envahir l’Italie voisine. Le Premier ministre d’Italie Matteo Renzi a promis une réponse puissante, puis a appelé le Conseil de Sécurité à faire quelque chose. Le gouvernement Obama a répondu avec froideur à un semblable appel égyptien la semaine dernière.

Le Hamas - supposé bien plus modéré que l’Etat islamique malgré sa coopération intense avec les forces de l’Etat islamique entraînées dans le Sinaï - a averti l’Italie de ne pas attaquer l’Etat islamique en Libye, à moins d’être considéré selon l’expression de Salah Bardawil comme à l’orée « d’une nouvelle croisade contre les pays arabes et musulmans ». Pendant que tout cela se produisait, Obama a présidé sa conférence internationale la plus révélatrice sur la confrontation de l’extrémisme violent. Y aurait assisté des représentants de 60 pays, où figuraient des groupes affiliés à de nombreux dirigeants des ‘Frères Musulmans’, comme le Conseil des Relations Américano-Islamiques (CAIR) ; le but apparent de la conférence d’Obama était de minimiser et de nier le lien entre terrorisme et islam radical.

Dans ses remarques mercredi, Obama donna une longue défense de son refus de reconnaître le lien entre Islam et Etat islamique, al-Qaïda et d’autres groupes terroristes islamiques. Il souligna que ces groupes avaient « perverti » l’islam. Obama mit argua que l’Occident était à blâmer pour son comportement dans ses supposés mauvais traitements historiques des Musulmans. Selon lui, « la réalité est qu’il existe un courant de pensée qui n’adhère pas à la tactique de l’EI, n’adopte pas la violence, mais accepte la notion que le monde musulman a subi des griefs historiques, que cela est parfois exact ».

L’insistance d’Obama à dire que l’Etat islamique et ses semblables attaquent à cause d’un mauvais comportement occidental perçu est complètement à côté de la réalité observée. Comme le journaliste Graeme Wood sur ‘Atlantic’ l’a démontré cette semaine dans son reportage approfondi sur l’idéologie de l’Etat islamique et ses objectifs, l’islam est au centre du groupe. L’Etat islamique est un mouvement apocalyptique totalement enraciné dans l’islam.

La plus grande partie du discours programmé de Netanyahou devant le Congrès est centrée sur son opposition à l’accord qu’Obama cherche à conclure avec l’Iran. Mais il se peut que la seconde moitié de son discours - qui sera consacrée à la menace posée par l’islam radical - ne soit pas moins dévastatrice pour Obama. Le refus entêté d’Obama de reconnaître que les plus graves menaces qui surgissent pour la sécurité mondiale aujourd’hui, y compris la sécurité nationale des USA, proviennent de l’islam radical, indique qu’il est incapable de faire face à la moindre preuve que l’islam radical constitue une menace unique, comparée à la menace posée par le chauvinisme et le racisme occidentaux. Il est difficile de comprendre que l’élection en Israël et la réponse hystérique d’Obama au discours programmé de Netanyahou sans s’apercevoir qu’Obama se sent clairement menacé par le message qu’il va présenter. Entouré d’assistants et de conseillers flagorneurs, et isolé jusque récemment de toute critique par des media partisans, tout en étant libre d’ignorer le Congrès grâce à son pouvoir de veto, Obama n’a jamais eu à s’expliquer sérieusement sur sa politique concernant l’Iran et les groupe islamiques en général. Il n’a jamais subi une mise en cause directe quant à cette politique.

Aujourd’hui, Obama pense qu’il est dans une lutte à mort avec Netanyahou. Si le discours de celui-ci est un succès, la politique étrangère d’Obama sera indéfendable. Si Obama est capable de délégitimer Netanyahou avant son arrivée, et de provoquer sa défaite électorale, alors, avec un gouvernement israélien obéissant, il n’aura aucun obstacle dans son projet de compromission avec l’Iran et pourra reprocher le terrorisme islamique à l’Occident durant le reste de son mandat à son poste, conclut Caroline Glick (fin des extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :


Sources :




Par Caroline Glick

FrontPageMagazine

Initialement publié sur The Jerusalem Post

Repris en français sur desinfos

Adaptation française de Sentinelle 5775 ©
  
  

mardi 24 février 2015

Le Djihad mondial veut instaurer un Califat universel



 

 
L’article ci-après, consacré au Hamas en particulier et au djihad mondial en général, a été publié par la brillante géopoliticienne Caroline Glick dans l’excellent quotidien de droite « The Jerusalem Post » le 6 février. Le remarquable site Internet « Europe-Israël » en donne une traduction, car l’article comporte des éléments intéressants pour les lectrices et lecteurs francophones (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page). Le dirigeant du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar a appelé les terroristes du Hamas au Liban et en Syrie à attaquer Israël « pour nous aider à libérer la Palestine ». Dans le même temps, Zahar a nié que le Hamas était impliqué dans l’insurrection terroriste en Egypte. Comme il l’a dit, « Nos armes sont toujours tournées vers l’ennemi», c’est-à-dire Israël.

Le gouvernement égyptien n’a pas été impressionné par Zahar. Un tribunal égyptien a confirmé la décision d’Octobre 2014 du gouvernement égyptien d’interdire les forces de choc terroristes du Hamas, les Izzadin Kassam, et de les désigner comme organisation terroriste. A la fois la désignation initiale du gouvernement et la décision de la Cour de Justice étaient dans un certain sens, un grand tournant. Ils marquent la première fois qu’un régime arabe définit une organisation terroriste palestinienne comme groupe terroriste.

Mais en vérité, l’Egypte n’avait pas le choix. Malgré ses protestations insistantes que les juifs sont ses seuls ennemis, le Hamas, la branche palestinienne des Frères musulmans, a été un acteur majeur, en effet, sans doute l’élément clé dans l’insurrection djihadiste dans la péninsule du Sinaï qui menace de détruire la vie politique, économique et la viabilité militaire de l’Etat égyptien.

Le but déclaré de l’insurrection est de renverser le régime du président Abdel Fattah al-Sissi et d’intégrer l’Egypte dans le ‘Califat’ de l’État islamique. La semaine dernière on a encore assisté à une autre attaque terroriste dévastatrice contre les forces de sécurité égyptiennes et les civils dans le Sinaï et dans des villes d’Egypte. Trente-deux personnes, principalement des soldats, ont été tuées dans une attaque coordonnée à  multiples facettes qui comprenait la signature de trois modes d’opération du Hamas – des mortiers, des roquettes et des attentats-suicides.

L’attaque, comme presque toutes les précédentes, a été mise au compte d’Ansar Bayt al-Maqdis, un groupe djihadiste qui a fait allégeance à l’État islamique et a déclaré le Sinaï « province de son califat ». Selon un rapport publié par Yoram Schweitzer de l’Institut d’Etudes de Sécurité Nationale, des membres du Hamas figurent parmi les fondateurs d’Ansar Bayt al-Maqdis. Le gouvernement égyptien considère Gaza contrôlée par le Hamas comme le siège arrière du groupe. En fondant le groupe, le Hamas a coopéré avec les bédouins salafistes locaux et avec des terroristes d’Al-Qaïda qui se sont évadés des prisons égyptiennes pendant le soulèvement de janvier 2011, contre le président d’alors, Hosni Moubarak.

Dès le début, les forces de sécurité égyptiennes ont affirmé que ce sont les terroristes du Hamas qui menaient les assauts contre les prisons. Parmi les autres islamistes libérés au cours de ces casses de prison se trouvait le chef des Frères musulmans, Mohamed Morsi. Morsi aurait utilisé les terroristes du Hamas comme garde prétorienne de son régime. Ils étaient chargés de protéger le régime des Frères musulmans contre des manifestants qui s’opposaient à ces manoeuvres destinées à transformer rapidement l’Egypte en un Etat islamiste et fer de lance de la Confrérie pour le califat mondial.

D’un point de vue idéologique, il n’y a pas de distinction entre la Confrérie et le Hamas. D’un point de vue organisationnel, la branche palestinienne des Frères musulmans n’a aucune difficulté à intégrer ses forces de façon transparente dans la grosse structure opérationnelle des Frères musulmans pour servir ce qu’ils considèrent comme leurs buts communs. Et cela nous ramène à l’insurrection dans le Sinaï. En plus d’affirmer que le Hamas aide Ansar Bayt al-Maqdis, Le Caire accuse le Hamas d’avoir directement mené plusieurs attaques terroristes de masse contre ses forces de sécurité. La plus récente, réalisée fin Octobre 2014, a tué 31 soldats. Elle a précipité la décision du Caire d’étendre sa zone de sécurité entre Gaza et le Sinaï de 1 à 2 km et de commencer à vider le côté égyptien de la ville frontalière de Rafah. C’est ce qui a également servi de catalyseur à la décision du gouvernement pour cataloguer les Izzadin Kassam comme groupe terroriste.

Le déclenchement de l’attaque indique l’étroite coordination entre le Hamas-Ansar Bayt al-Maqdis et les Frères musulmans. Comme le rapportait le Washington Free Beacon, deux jours avant les attaques les Frères musulmans ont lancé un appel à « un long djihad sans compromis » en Egypte. La relation étroite du Hamas avec ce qui est devenu la filiale de l’Etat islamique dans le Sinaï pourrait bien avoir facilité l’éclosion de cellules de l’État islamique à Gaza et en Judée – Samarie, où les terroristes du Hamas déclarent de plus en plus leur allégeance à l’Etat islamique. Après le massacre du mois dernier des journalistes français à Charlie Hebdo à Paris, plusieurs centaines de manifestants à Gaza ont agité des drapeaux de l’Etat islamique tout en brûlant le drapeau français en soutien au massacre.

Au cours des dernières semaines, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté plusieurs cellules d’arabes israéliens et de palestiniens de Judée-Samarie qui cherchaient à établir des cellules de l’État islamique. Au-delà de son rôle à la fois de leader et de facilitateur de l’insurrection dans le Sinaï de concert avec les Frères musulmans, le Hamas sert de pont entre l’Iran et les djihadistes sunnites. À la suite de l’opération Bordure de Protection de l’été dernier, le Hamas a commencé à reconstruire ses liens avec l’Iran. De 2005 et jusqu’au début de la guerre civile syrienne en 2011, lorsque le Hamas s’est senti obligé de soutenir les Frères musulmans qui combattaient le régime soutenu par l’Iran du président Bachar al-Assad, l’Iran servait de sponsor à l’état primaire du Hamas. L’Iran n’a jamais coupé entièrement son soutien au Hamas. Mais après la guerre de l’été dernier, il a rétabli son alliance formelle avec le Hamas.

Dans une interview à la chaîne de télévision du Hezbollah, la chaîne Al-Manar, Zahar du Hamas a appelé l’Iran à augmenter son aide au groupe terroriste. Il a également appelé le Hezbollah à renforcer sa coopération avec le Hamas et à envoyer des renforts terroristes à Gaza, en Judée et Samarie. Deux jours plus tard, le brigadier-général iranien, Amir-Ali Hajizadeh, commandant de la division aéronautique des Gardiens de la Révolution, répondait à l’appel de Zahar. Dans une interview avec l’Agence d’information iranienne Fars, Hajizadeh déclarait que l’Iran exporte la technologie de fabrication des missiles et d’autres équipements à la Syrie, à la Palestine ainsi qu’au Hezbollah libanais pour faire face et broyer le régime sioniste, l’ISIL (l’EI) et autres groupes Takfiri [c’est-à-dire faux islamistes].

Le rôle du Hamas sunnite comme pont entre, d’une part, la Confrérie sunnite des Frères musulmans égyptiens et les sunnites de l’Etat islamique, et d’autre part, et entre l’Iran chiite et le Hezbollah chiite, ce rôle du Hamas montre deux choses. Tout d’abord, que l’objectif du groupe djihadiste palestinien Hamas dépasse largement la destruction d’Israël. Le Hamas constitue une menace pour les populations bien au-delà d’Israël. Et son rôle dans la connexion terroriste n’est pas celle d’un petit joueur, mais d’un pivot et d’une force unificatrice.

Le rôle du Hamas montre également l’unité de la menace du totalitarisme islamique sunnite et chiite. L’Egypte reconnaît cette unité. Selon le quotidien arabe Al-Ahram, le chef de l’Autorité du Canal de Suez en Égypte, le lieutenant-général, Mohab Mamish, a déclaré que l’Egypte défendra la liberté du trafic maritime le long de Bab el Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden. La milice Houthi, soutenue par l’Iran, a renversé le gouvernement yéménite soutenu par les USA. Ces forces exercent désormais un contrôle effectif sur le pays, et avec lui, de Bab el Mandeb. Mamish a déclaré que l’Egypte « n’acceptera pas » la fermeture de la voie navigable qui « affecte directement le canal de Suez et la sécurité nationale ». En d’autres termes, l’Egypte voit une unité des forces terroristes dans le continuum sunnite-chiite et considère que la survie de l’Egypte dépend de la défaite de l’un et de l’autre.

Israël a fait tout ce qu’il a pu pour aider les efforts égyptiens dans le Sinaï. Les Commandants égyptiens ont pris une mesure inédite quand ils ont remercié publiquement Israël pour son aide. Pourtant, Israël est dans une impasse. Même s’il cherche à aider l’Egypte dans la lutte contre le Hamas et ses alliés dans le Sinaï, en raison des pressions américaines et européennes, Israël est contraint de laisser le Hamas reconstruire son infrastructure terroriste à Gaza. Comme l’a révélé dans un récent rapport, Meir Amit, le Centre de Renseignements et de Recherche sur le Terrorisme, même si les civils de Gaza souffrent d’une pénurie massive et du manque de logements, le Hamas a investi d’énormes sommes d’argent dans sa production nationale pour reconstruire son arsenal de roquettes.

Il a restauré une grande partie de son réseau de tunnels. Et il utilise de vastes ressources pour former et inculquer quelques 17’000 adolescents à Gaza, et pour former des milliers de nouvelles forces. Une nouvelle milice populaire a recruté 2’500 hommes. Deux cours d’officier du Hamas avec 1’060 cadets ont reçu leur graduation en Décembre 2014. Comme l’a dit le directeur du centre, le Dr. Reuven Erlich, au Jérusalem Post, « Israël va se heurter à ces forces et ces installations dans la prochaine série de combats ».

En d’autres termes, la capacité d’Israël à prendre des mesures efficaces contre le Hamas de concert avec l’Egypte est entravée par l’administration Obama qui insiste pour qu’Israël facilite le réarmement du Hamas - un développement qui menace à la fois Israël et l’Egypte. Et Israël n’est pas seul dans cette situation. L’Egypte est également l’objet de pressions du président Barack Obama et de son administration.

Dans sa guerre contre les forces djihadistes sunnites et chiites qui menacent de détruire l’Egypte, et entre autres choses, de causer un préjudice massif pour l’économie mondiale en mettant en péril le trafic maritime, l’Egypte se retrouve trahie par l’administration Obama. Le mois dernier, juste quelques jours avant l’appel des Frères musulmans à « un longue djihad intransigeant » contre l’Egypte, les dirigeants des Frères musulmans ont rencontré des hauts responsables américains au Département d’Etat. En réponse à la question d’un journaliste à propos de la réunion, la porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki a prétendu que malgré l’appel de la Confrérie pour la guerre sainte contre l’allié arabe le plus proche des Etats-Unis, l’administration n’a pas de regrets sur le fait de rencontrer et ainsi de conférer une légitimité et un soutien implicite américain à la Confrérie dans sa guerre contre le gouvernement al-Sissi.

Les leaders de l’opposition israélienne Isaac Herzog et Tzipi Livni ont basé leur campagne électorale sur le dénigrement du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour la crise des relations entre Israël et la Maison Blanche. Difficile de lancer une allégation plus destructrice et plus cynique que celle-ci. La complaisance de l’administration Obama avec la Confrérie musulmane en dépit de son adhésion pleine et entière au Nexus terroriste qui menace les Etats-Unis et l’ensemble de ses alliés les plus proches, ajoutée à sa quête désespérée auprès des mollahs iraniens, indique clairement que l’administration Obama a choisi d’apaiser plutôt que lutter contre les pires ennemis de l’Amérique.

Peut-être l’interprétation la plus sympathique des agressions injustifiées et nuisibles de Livni et de Herzog contre Netanyahu est qu’ils ne peuvent tout simplement pas accepter que le monde ait changé. Mais les tendances sont claires. La seule chose responsable qu’Israël puisse faire, est d’agir en conséquence. Aujourd’hui l’allié le plus proche d’Israël est l’Egypte. Sous l’administration Obama, les États-Unis sont une puissance d’action périphérique et non de coopération (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Caroline Glick - Février 2015 - carolineglick.com.

Paru en anglais dans The Jerusalem Post.

Traduction Europe Israël

© Copyright Europe Israël - reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif :

   
   
  

Si des musulmans s'entretuent ça ne nous concerne pas

- - Michel Garroté  --  "Organisations musulmanes de France : la guerre est déclarée !", ai-je lu récemment je ne sais pl...