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jeudi 22 janvier 2015

Bill Clinton : « Obama ? À une époque, il nous aurait servi notre café »



 

 
Michel Garroté  --  « Obama ? À une époque, il nous aurait servi notre café ». Cette phrase assassine et raciste est de Bill Clinton, écrit le chroniqueur Olivier Ravanello (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Dans un livre passionnant qui vient d’être traduit en français, « Obama vs Clinton, la guerre des clans », livre écrit par le journaliste du New York Times Edward Klein et publié dans la langue de Molière chez Hugo & Cie, le lecteur découvre la haine qui oppose les clans Obama et Clinton. La succession d’Obama promet d’être mouvementée lors des prochaines primaires au sein du parti démocrate. En 290 pages, Klein fracasse le mythe Obama, un président aussi talentueux sur les estrades de campagne que piteux derrière le bureau ovale lorsqu’il s’agit de trancher. Klein dresse également un portrait du couple Clinton qui fait froid dans le dos.

"Une administration d’amateurs". Un président qui ne sait pas et ne veut pas négocier avec les députés et les sénateurs. Pas question de mettre les mains dans le cambouis du Congrès. Pas étonnant que les lois ne passent pas ! Une administration fermée avec une garde rapprochée qui méprise Washington, à commencer par les autres démocrates, trop libéraux, trop enclins au compromis, aux idéaux trop corrompus. Des fidèles qui se détournent les uns après les autres, victimes du désintérêt d’Obama, qui ne tient pas sa parole. La plus célèbre ? Oprah Winfrey. Elle avait tout donné à la campagne d'Obama, son argent, ses listings, son image. Une fois élu, elle n’aura plus accès à la Maison blanche, au point de ne pas soutenir Obama quand il s’est représenté...

Une Michelle Obama autoritaire, limite castratrice, qui juge en permanence son mari et laisse échapper des remarques dévastatrices comme "les enfants ne veulent pas aller dans le lit le matin avec lui faire un câlin, il ronfle et il a mauvaise haleine". Charming ! Le train de vie de la Maison blanche (1.4 milliard de dollars par an quand en Angleterre la Reine coûte 58 millions au contribuable britannique !). La maison de vacances sur 11 hectares, louée 50’000 dollars la semaine en pleine crise.

La détestation des Clinton, vus comme des aristos de la politique, blancs et au fond racistes comme tous les blancs. Et cette histoire qui tourne dans Washington : le défunt sénateur Kennedy qui se plaisait à rapporter la phrase de Clinton sur Obama, "à une époque, il nous aurait apporté notre café"... Clinton, le pro de la politique, toujours en tête des études de popularité chez les démocrates, dont Michelle se méfiait comme de la peste. Après l’élection, elle aurait confié une mission à Valerie Jarrett, la conseillère directe de son mari : "Fais en sorte qu’il (Clinton) ne se rapproche pas trop de Barack. J’ai peur qu’ils deviennent amis et que Bill prenne les décisions à sa place". Mais aussi Bill Clinton qui annonce à Obama que sa femme Hillary sera candidate en 2016 et Obama qui lui répond : "Michelle aussi ferait une excellente candidate". Ambiance...

Hillary et la marque Clinton. À lire Edward Klein, on découvre qu'Hillary est convaincue de la force de la "marque Clinton" et de son destin présidentiel. Elle confie à des amies : "Pendant 8 années à la Maison blanche, nous avons apporté la paix et la prospérité. Quand je serai candidate, Bill prononcera un grand discours pour moi et en comparaison, ceux qu’il a fait pour Obama ressembleront à des discours de collégiens. C’est sur notre bilan que je m’appuierai, pas sur celui d’Obama. Et alors nous reprendrons la Maison blanche". Bill par-ci, Bill par-là, Bill à la manœuvre. Pour Hillary, il mobilise les réseaux, lève les fonds, tape dans le staff d’Obama pour monter l’équipe de campagne de sa femme avec les meilleurs (ce qui met le président en rage) et fixe la stratégie : écraser l’adversaire.

Bill, qui se voit vieillir, ne laisse rien au hasard, y compris sa propre mort. Klein rapporte cette conversation surréaliste entre Bill Clinton et sa femme Hillary :

- "Je vais tout prévoir", avait-il commencé.

- "Je ne veux pas en entendre parler".

- "Si je meurs, porte des vêtements de deuil pour que les gens éprouvent de la compassion. Habille-toi en noir pendant une période convenable et fais de ma mort un atout. Les images à la télévision, les obsèques et la veuve en deuil seront d’une valeur inestimable. Après ma mort, les gens ne se rappelleront que de mes qualités et pardonneront mes défauts. C’est toujours le cas. Tout le monde le sait. Alors tu devras profiter de ma mort au maximum".

- "Bill..."

- "Elle devrait te valoir quelques millions de voix"

(fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :


Et source :

  
  

mercredi 21 janvier 2015

Assassinat politique : Je suis Nisman



 

 
Michel Garroté  --  Retrouvé mort dans sa baignoire, le procureur Alberto Nisman s'apprêtait à exposer devant la commission argentine de législation pénale de la Chambre des députés le 19 janvier les preuves montrant que la présidente Cristina Kirchner et ses proches voulaient couvrir les Iraniens, soupçonnés d'être les auteurs de l'attentat contre l'Association mutuelle israélo-argentine de Buenos Aires (Amia), qui avait fait 85 victimes en 1994.

"En 1995, pendant la commémoration à l'occasion du premier anniversaire de la tragédie, en voyant les pleurs inconsolables des familles des victimes, le tout nouvel ambassadeur israélien s'était demandé pourquoi ils étaient si désespérés, alors qu'en Israël ces morts se produisent au quotidien. Son assistante lui répondit : ils sont désespérés, car ils savent que justice ne sera jamais faite. La découverte du cadavre de Nisman, enfermé dans une salle de bains de son appartement, est une nouvelle et macabre corroboration de cette prophétie", écrit le quotidien La Nación. Nisman avait dédié ses quatorze dernières années à enquêter sur cet attentat, l'un des pires de l'histoire argentine, qui n'a toujours pas de coupables.

Le journal rapporte que des mobilisations pour protester contre cette mort et pour demander justice se sont organisées dans tout le pays via les réseaux sociaux. Le hashtag #YoSoyNisman (Je suis Nisman) s'est rapidement propagé sur Facebook et Twitter. Cette mort – la justice n'écarte pas la possibilité d'un suicide masqué – a provoqué une onde de choc dans le pays, et le gouvernement a décidé de déclasser des informations secrètes sur les communications maintenues entre des agents d'intelligence accusés par le procureur de donner des informations à l'Iran.

Sa famille n'arrivait pas à joindre Nisman. Sa mère est allée le chercher chez lui, dans le quartier huppé de Puerto Madero, mais a été contrainte d'appeler un serrurier car son fils, le procureur Natalio Alberto Nisman, 51 ans, ne répondait pas. Il l'a retrouvé mort dans la baignoire, rapporte le quotidien La Nación, une balle dans la tête et, à ses côtés, un pistolet calibre 22 qui, apparemment, lui appartenait. Sur le bureau du procureur, les documents qu'il allait présenter le 19 janvier devant la commission de législation pénale de la Chambre des députés.

Nisman était chargé de l'enquête sur l'attentat de 1994 qui avait fait 85 morts dans l'Association mutuelle israélo-argentine (Amia), un crime dont on ne connaît toujours pas les responsables, vingt ans plus tard. Le 14 janvier, le procureur avait dénoncé la création par la présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner, ainsi que par plusieurs proches du gouvernement (comme le ministre des Affaires étrangères), d'un plan qui visait à couvrir l'Iran pour l'attentat et "fabriquer l'innocence" d'ex-fonctionnaires iraniens en lien avec l'attaque. Quelques jours avant, il avait déclaré au journal Clarín qu'il craignait de trouver la mort dans cette affaire.

La demande de Nisman incluait la saisie préventive de biens appartenant aux accusés, d'une valeur de 200 millions de pesos (entre 16 et 20 millions d'euros, au vu du taux de change fluctuant). Dans sa dénonciation de 300 pages figurent des écoutes téléphoniques qui révèlent les conversations de la présidente de l'Argentine avec ses proches au sujet du plan. D'après Nisman, Cristina Kirchner aurait négocié la levée de ces accusations contre l'achat de pétrole à Téhéran à un prix avantageux.

Le témoignage de Ronen Bergman

Ronen Bergman : Les plus importants responsables impliqués dans les poursuites, les membres des services de renseignements, ainsi que mon propre gouvernement conspirent contre la découverte de la vérité, concernant l’implication iranienne et empêchent qu’on puisse traîner en Justice ceux qui sont les vrais responsables », m’avait dit le Dr Alberto Nisman, au cours d’une rencontre chez moi, à Tel Aviv, en décembre 2007. La découverte de son corps sans vie est la preuve de la détermination glaciale de ces gens à faire l’impossible pour empêcher la révélation de la vérité. Nisman était venu en Israël pour rencontrer des responsables des renseignements, auprès desquels il requérait d’obtenir un complément d’information. Lors de notre conversation, il voulait parler de l’enquête qu’il menait et entendre quelles informations nous-mêmes avions recueillies, lors d’une série d’enquêtes du Yediot Ahronoth sur les attentats en Argentine, contre l’Ambassade Israélienne en 1992 et contre le Centre caritatif de la communauté juive, l’AMIA, en 1994.

Ronen Bergman : Il était particulièrement déterminé à régler les comptes, non seulement avec le Hezbollah et l’Iran, qui sont à la source de ces attentats, mais aussi avec ces responsables argentins qui essayaient de se blanchir, quant à leur rôle dans ces affaires de terrorisme. Au cours de cet entretien, j’étais persuadé qu’il ne s’agissait que de bravade vide de contenu, et j’avais tort. Nisman a osé. Il a soumis à la Cour un certain nombre d’inculpations et n’a pas hésité à s’exprimer contre les personnalités les plus puissantes, dans son propre pays, qui font obstruction à la Justice et fabriquent de fausses preuves, même lorsqu’il devenait évident qu’il se trouvait en grand danger et qu’il aurait dû bénéficier de gardes du corps.

Ronen Bergman : Nisman a accusé la Présidente Cristina Kirchner d’avoir passé un accord secret dans le dos du public argentin visant à enterrer l’affaire, en échange d’énormes contrats pétroliers avec l’Iran. En fin de compte, après une enquête qui a duré au moins dix ans, personne n’a jamais été condamné pour ces attentats et les deux enquêteurs travaillant sur le dossier ont demandé son aide à Nisman. Il était bientôt nommé chef de l’équipe et, en dix années de plus, il n’a jamais renoncé.

Ronen Bergman : Malgré toutes les tentatives pour étouffer l’affaire, Nisman a réussi à recomposer entre elles les pièces du puzzle, à partir de milliers d’appels téléphoniques, de dizaines de voyage de diplomates iraniens cherchant à faire pression, de transferts excessifs de comptes bancaires et de preuves surabondantes. Sous le coup des menaces et des pressions, il a rédigé un document juridique complet et a réussi à persuader Interpol de diffuser des mandats d’arrêt contre de hauts-responsables iraniens, dont l’ancien Président Rafsanjani et contre Imad Mughniyeh.

Ronen Bergman : L’enquête de Nisman s’est transformée en boomerang politique allant et revenant entre les divers protagonistes. Pour Nisman, un rebond a été de trop. Lors de notre conversation téléphonique finale, il y a quelques semaines, il paraissait heureux et plus déterminé que jamais à poursuivre l’enquête de sa vie. « Je continuerai jusqu’à ce que les corrompus se retrouvent face à un tribunal », disait-il alors. Cette semaine, il a payé pour l’ensemble du travail auquel il a consacré sa vie. Il est plus que douteux que cette investigation se poursuive après sa mort. Il est plus que probable que les tueurs – et je n’ai aucun doute sur le fait qu’il y a bien eu des assassins – parviennent à leur but, conclut Ronen Bergman.

Reproduction autorisée avec mention :


Sources :


  
  

La France charliegrotesque - Par Michel Garroté







Michel Garroté  --  Que l’on soit athée ou croyant, et, à condition de ne pas être complètement idiot, force est de constater que l’affaire Charlie a quelque chose d’anachronique et de grotesque. En effet, le régime socialiste français aux abois s’est livré à une formidable manipulation de masse doublée d’une chasse aux sorciers et sorcières « islamophobes » (ça c’est nous). Et une partie du peuple français - il faut bien l’admettre - est tombée dans le panneau. A sa décharge, cela fait quarante ans que la caste politico-journaleuse lui assène à coup de faucille, de marteau et de croissant une propagande islamo-gauchiste aussi liberticide que menaçante. Certes, les musulmans ne sont pas tous des terroristes. Mais tous les terroristes sont musulmans. Et la frontière entre islam et islamisme est amenée à s’estomper toujours plus.


A ce propos, Guillaume de Thieulloy écrit (extraits adaptés ; lien vers source en bas de page) : La propagande politico-mé­diatique qui a suivi les récents attentats est, sans aucun doute, un cas d’école. Un certain jour de janvier, nous nous sommes réveillés à Pyong-Yang, en pleine Corée du Nord, abreuvés à flots continus de tombereaux de contre-vérités et de demi-mensonges, abreuvés surtout de messages nous enjoignant de croire que François Hollande était le nouveau « petit père des peuples » et que, sous sa bienveillante direction, nous ne risquions rien. Tout y est : la manipulation du langage, la « minute de la haine » et l’unanimisme des foules, le « grand frère » qui nous protège et nous surveille. Pourtant, ces attentats auraient pu être – ils ont d’ailleurs été d’abord un réveil du peuple français, déraciné de force par le pouvoir socialiste et contraint de se soumettre (c’est le sens du mot « islam », rappelons-le) à une culture qui n’est pas la sienne. Ces attentats auraient pu être un réveil aussi devant le laxisme calculé de la justice de Mme Taubira. Devant le désastre éducatif. Devant le chaos migratoire. Rien de tout cela n’est arrivé. Et il faut tirer un coup de chapeau à François Hollande, qui, en politicard de talent, a magistralement détourné la réaction populaire.


Guillaume de Thieulloy : C’est une remarquable réussite. Il était déjà compliqué de réunir la France entière derrière le slogan « Je suis Charlie », faisant référence à un journal d’extrême-gauche, dont l’immense majorité des Français ignoraient jusqu’à l’existence. Mais c’est un coup de maître d’avoir mis dans la rue, sous ce slogan, une cinquantaine de chefs d’État. Au point que John Kerry, en charge de la diplomatie des États-Unis, s’est senti obligé de s’excuser de n’avoir pas été à Paris le 11 janvier. Jugez un peu des réseaux et des efforts de propagande qui ont dû être actionnés pour obtenir un tel résultat.


Guillaume de Thieulloy : Pendant ce temps, personne ne s’interroge sur le rôle que la prétendue Éducation nationale joue dans l’absence d’intégration des populations immigrées (à qui on n’apprend plus rien, si ce n’est que la France doit se « repentir » jusqu’à la fin des temps pour à peu près toute son histoire). Personne ne s’interroge sur l’immigration de masse, ni sur l’islamisation. Surtout pas d’amalgame : c’est, paraît-il, ce que signifiait le slogan « Je suis Charlie ». Personne ne s’interroge non plus sur le laxisme judiciaire. Rappelons que le sieur Coulibaly, multirécidiviste, avait été condamné, en 2013, à 5 ans de prison ferme.


Guillaume de Thieulloy : Pendant ce temps, Mme Taubira prépare un durcissement des peines pour « racisme ». De qui se moque-t-on ? Une récente circulaire aux procureurs précise même que l’absence de publicité pour des propos supposés « racistes » (entendez en particulier : d’éventuelles critiques de l’islam) ne les rend pas moins répréhensibles. Autrement dit, les simples propos privés devraient désormais être passibles des tribunaux. En attendant de rémunérer la délation. La grande manifestation populaire était d’abord pour dire : Nous sommes chez nous. Elle a été génialement détournée sur le thème de la liberté d’expression, comme si c’était la seule identité de la France. Et, au nom de la « liberté d’expression », on va durcir les lois liberticides, interdisant toute critique de l’islam et de l’immigration. Cela a déjà commencé d’ailleurs. Puisque la manifestation de Riposte laïque, prévue le 18 janvier, a été interdite.


Guillaume de Thieulloy : Mais, là où cette propagande est particulièrement vicieuse, c’est qu’en outre, elle interdit de se solidariser avec l’unité nationale, aux musulmans patriotes - et il y en a ! - et, de façon générale, à ceux qui ne se reconnaissent dans ce ramassis de vulgarité et de militance d’extrême-gauche. Ce nouveau clivage, qui impose « d’être Charlie » ou de renoncer à sa qualité de Français, vise à remplacer le clivage droite-gauche et tous les autres clivages politiques, sociaux ou culturels, pour redonner au pouvoir socialiste la maîtrise du champ de bataille. Sur les champs de bataille classiques, le camarade Hollande serait balayé. Sur le terrain de cette union nationale factice, il reprend la main. D’autant que de nombreuses voix réclament un « gouvernement d’union nationale » - qui ne pourra rien faire d’autre que spolier les contribuables et suspendre les libertés publiques, conclut Guillaume de Thieulloy (fin des extraits adaptés ; lien vers source en bas de page).


De son côté, Roberto de Mattei écrit (extraits adaptés ; lien vers source en bas de page) : Marche contre la Terreur : c’est le titre par lequel Le Monde, le Corriere della Sera et les principaux journaux occidentaux ont présenté le grand défilé laïciste du 11 janvier. Jamais aucun slogan n’a été plus hypocrite, imposé par les mass media en réaction au massacre de Paris du 7 janvier. Quel sens y a-t-il en effet à parler de Terreur sans ajouter au substantif l’adjectif « islamique » ? L’attaque de la rédaction du Charlie Hebdo a été perpétrée au cri de « Allah akbar ! » pour venger Mahomet offensé par les caricatures et derrière les Kalachnikof des terroristes il y a une vision du monde précise : la vision musulmane. C’est seulement maintenant que les services secrets occidentaux commencent à prendre au sérieux les menaces d’Abu Muhamad al Adnani, contenues dans un communiqué en plusieurs langues diffusé le 21 septembre 2014 par le quotidien online The Long War Journal.


Roberto de Mattei : Dans ce communiqué on peut lire : « Nous conquerrons Rome, nous briserons ses croix, nous ferons de ses femmes des esclaves avec la permission d’Allah, le très-Haut », a déclaré à ses adeptes le porte-voix de l’Etat islamique, qui n’a pas simplement répété qu’il fallait exterminer les « infidèles », où qu’ils se trouvent, mais leur a indiqué également les modalités : « Placez de l’explosif sur leurs routes. Attaquez leurs bases, faites irruption dans leurs maisons. Tranchez-leur la tête. Qu’ils ne se sentent en sécurité nulle part ! Si vous ne pouvez trouver de l’explosif ou des munitions, isolez les américains infidèles, les français infidèles ou n’importe lequel de leurs alliés : brisez-leur le crâne à coups de pierre, tuez-les à coup de couteau, renversez-les avec vos voitures, jetez-les dans le vide, étouffez-les ou empoisonnez-les ».


Roberto de Mattei : On s’illusionne en pensant que la guerre en présence n’est pas celle qu’a déclaré l’Islam à l’Occident, mais une guerre qui se livre en interne dans le monde musulman et que l’unique moyen pour se sauver est d’aider l’Islam modéré à vaincre l’Islam fondamentaliste, comme l’a écrit sur le Corriere della Sera du 11 janvier Sergio Romano, un observateur qui passe même pour intelligent. En France, un des slogans les plus repris est celui d’éviter « l’amalgame », c’est-à-dire l’identification entre l’Islam modéré et l’Islam radical. Mais le but commun de l’Islam tout entier est la conquête de l’Occident et du monde. Qui ne partage pas cet objectif n’est pas un modéré, il n’est simplement pas un bon musulman. Les divergences, au contraire, ne portent pas sur la fin, mais sur les moyens : les musulmans d’Al Qaïda et de l’Isis ont embrassé la voie léniniste de l’action violente, tandis que les Frères Musulmans utilisent l’arme gramscienne (d’Antonio Gramsci) de l’hégémonie intellectuelle. Les mosquées sont le centre de propulsion de cette guerre culturelle que Bat Ye’or définit comme le soft-jihad, tandis que par le terme hard-jihad, il définit la guerre militaire pour terroriser et éliminer l’ennemi. On peut discuter, et on discute certainement en interne dans l’Islam, sur le choix des moyens, mais on se rejoint sur l’objectif final, l’expansion dans le monde de la sharia, la loi coranique.


Roberto de Mattei : En tous les cas, le mot Islam est un substantif verbal que l’on peut traduire en « soumission ». La soumission pour éviter la Terreur, le scénario de l’avenir européen imaginé par le romancier Michel Houellebecq dans son dernier livre, précipitamment retiré des librairies françaises. Non à la Terreur signifie pour nos hommes politiques non à la soumission violente des djihadistes, oui à une soumission pacifique, qui mène doucement l’Occident à une condition de dhimmitude. L’Occident se dit disposé à accepter un Islam « à visage humain ». En réalité, ce qu’il refuse dans l’Islam n’est pas seulement la violence, mais aussi son absolutisme religieux. Pour l’Occident il y a liberté de tuer au nom du relativisme moral, mais pas au nom des valeurs absolues. Et pourtant l’avortement est systématiquement pratiqué dans tous les pays occidentaux et aucun des chefs d’Etat qui ont défilé à Paris contre la Terreur ne l’a jamais condamné. Mais qu’est-ce que l’avortement sinon la légalisation de la Terreur, la Terreur d’Etat promue, encouragée, justifiée ? Quel droit ont les leaders occidentaux de manifester contre la Terreur ?


Roberto de Mattei : Sur La Repubblica du 13 janvier 2015, tandis que l’ex-chef de Lotta Continua Adriano Sofri célèbre L’Europe qui renaît sous la Bastille, la philosophe post-moderne Julia Kristeva, chère au cardinal Ravasi, affirme que « la place des Lumières a sauvé l’Europe », et que « face au risque qu’ils couraient, liberté, égalité et fraternité ont cessé d’être des concepts abstraits, en s’incarnant dans des millions de personnes ». Mais qui a inventé la Terreur sinon la France républicaine, qui l’a utilisée pour éliminer tous les opposants de la Révolution française ? L’idéologie et la pratique du terrorisme apparaissent pour la première fois dans l’histoire avec la Révolution française, surtout à partir du 5 septembre 1793, quand la Terreur fut mise à l’ordre du jour par la Convention et devint une partie essentielle du système révolutionnaire. Le premier génocide de l’histoire fut perpétré au nom des idéaux républicains de liberté, égalité et fraternité. Le communisme qui prétendit porter à terme le processus de sécularisation inauguré par la Révolution française, réalisa l’extension de la terreur à l’échelle planétaire, provoquant, en moins de soixante-dix ans, plus de 200 millions de morts. Et qu’est-ce que le terrorisme islamique sinon une contamination de la « philosophie du Coran » avec la pratique marx-illuministe importée de l’Occident ?


Roberto de Mattei : Charlie Hebdo est un journal dans lequel, depuis sa fondation, la satire a été placée au service d’une philosophie de vie libertaire, qui prend ses racines dans l’illuminisme anti-chrétien. Le journal satirique français s’est fait connaître par ses caricatures de Mahomet, mais il ne faut pas oublier les dégoûtantes vignettes blasphématoires publiées en 2012 pour revendiquer l’union homosexuelle. Les rédacteurs de Charlie Hebdo peuvent être considérés comme une expression extrême mais cohérente de la culture relativiste désormais répandue dans tout l’Occident, tout comme les terroristes qui les ont tués peuvent être considérés comme l’expression extrême mais cohérente de la haine que voue à l’Occident le vaste monde musulman. Ceux qui revendiquent l’existence d’une Vérité absolue et objective sont assimilés par les néo-illuminstes aux fondamentalistes islamiques. Mais nous, nous assimilons le relativisme à l’islamisme, parce que tous deux ont en commun le fanatisme. Le fanatisme n’est pas l’affirmation de la vérité, mais le déséquilibre intellectuel et émotif qui naît de l’éloignement de la vérité, conclut Roberto de Mattei (fin des extraits adaptés ; lien vers source en bas de page).


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Sources :





  
  

Si des musulmans s'entretuent ça ne nous concerne pas

- - Michel Garroté  --  "Organisations musulmanes de France : la guerre est déclarée !", ai-je lu récemment je ne sais pl...