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mardi 24 février 2015

Le Djihad mondial veut instaurer un Califat universel



 

 
L’article ci-après, consacré au Hamas en particulier et au djihad mondial en général, a été publié par la brillante géopoliticienne Caroline Glick dans l’excellent quotidien de droite « The Jerusalem Post » le 6 février. Le remarquable site Internet « Europe-Israël » en donne une traduction, car l’article comporte des éléments intéressants pour les lectrices et lecteurs francophones (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page). Le dirigeant du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar a appelé les terroristes du Hamas au Liban et en Syrie à attaquer Israël « pour nous aider à libérer la Palestine ». Dans le même temps, Zahar a nié que le Hamas était impliqué dans l’insurrection terroriste en Egypte. Comme il l’a dit, « Nos armes sont toujours tournées vers l’ennemi», c’est-à-dire Israël.

Le gouvernement égyptien n’a pas été impressionné par Zahar. Un tribunal égyptien a confirmé la décision d’Octobre 2014 du gouvernement égyptien d’interdire les forces de choc terroristes du Hamas, les Izzadin Kassam, et de les désigner comme organisation terroriste. A la fois la désignation initiale du gouvernement et la décision de la Cour de Justice étaient dans un certain sens, un grand tournant. Ils marquent la première fois qu’un régime arabe définit une organisation terroriste palestinienne comme groupe terroriste.

Mais en vérité, l’Egypte n’avait pas le choix. Malgré ses protestations insistantes que les juifs sont ses seuls ennemis, le Hamas, la branche palestinienne des Frères musulmans, a été un acteur majeur, en effet, sans doute l’élément clé dans l’insurrection djihadiste dans la péninsule du Sinaï qui menace de détruire la vie politique, économique et la viabilité militaire de l’Etat égyptien.

Le but déclaré de l’insurrection est de renverser le régime du président Abdel Fattah al-Sissi et d’intégrer l’Egypte dans le ‘Califat’ de l’État islamique. La semaine dernière on a encore assisté à une autre attaque terroriste dévastatrice contre les forces de sécurité égyptiennes et les civils dans le Sinaï et dans des villes d’Egypte. Trente-deux personnes, principalement des soldats, ont été tuées dans une attaque coordonnée à  multiples facettes qui comprenait la signature de trois modes d’opération du Hamas – des mortiers, des roquettes et des attentats-suicides.

L’attaque, comme presque toutes les précédentes, a été mise au compte d’Ansar Bayt al-Maqdis, un groupe djihadiste qui a fait allégeance à l’État islamique et a déclaré le Sinaï « province de son califat ». Selon un rapport publié par Yoram Schweitzer de l’Institut d’Etudes de Sécurité Nationale, des membres du Hamas figurent parmi les fondateurs d’Ansar Bayt al-Maqdis. Le gouvernement égyptien considère Gaza contrôlée par le Hamas comme le siège arrière du groupe. En fondant le groupe, le Hamas a coopéré avec les bédouins salafistes locaux et avec des terroristes d’Al-Qaïda qui se sont évadés des prisons égyptiennes pendant le soulèvement de janvier 2011, contre le président d’alors, Hosni Moubarak.

Dès le début, les forces de sécurité égyptiennes ont affirmé que ce sont les terroristes du Hamas qui menaient les assauts contre les prisons. Parmi les autres islamistes libérés au cours de ces casses de prison se trouvait le chef des Frères musulmans, Mohamed Morsi. Morsi aurait utilisé les terroristes du Hamas comme garde prétorienne de son régime. Ils étaient chargés de protéger le régime des Frères musulmans contre des manifestants qui s’opposaient à ces manoeuvres destinées à transformer rapidement l’Egypte en un Etat islamiste et fer de lance de la Confrérie pour le califat mondial.

D’un point de vue idéologique, il n’y a pas de distinction entre la Confrérie et le Hamas. D’un point de vue organisationnel, la branche palestinienne des Frères musulmans n’a aucune difficulté à intégrer ses forces de façon transparente dans la grosse structure opérationnelle des Frères musulmans pour servir ce qu’ils considèrent comme leurs buts communs. Et cela nous ramène à l’insurrection dans le Sinaï. En plus d’affirmer que le Hamas aide Ansar Bayt al-Maqdis, Le Caire accuse le Hamas d’avoir directement mené plusieurs attaques terroristes de masse contre ses forces de sécurité. La plus récente, réalisée fin Octobre 2014, a tué 31 soldats. Elle a précipité la décision du Caire d’étendre sa zone de sécurité entre Gaza et le Sinaï de 1 à 2 km et de commencer à vider le côté égyptien de la ville frontalière de Rafah. C’est ce qui a également servi de catalyseur à la décision du gouvernement pour cataloguer les Izzadin Kassam comme groupe terroriste.

Le déclenchement de l’attaque indique l’étroite coordination entre le Hamas-Ansar Bayt al-Maqdis et les Frères musulmans. Comme le rapportait le Washington Free Beacon, deux jours avant les attaques les Frères musulmans ont lancé un appel à « un long djihad sans compromis » en Egypte. La relation étroite du Hamas avec ce qui est devenu la filiale de l’Etat islamique dans le Sinaï pourrait bien avoir facilité l’éclosion de cellules de l’État islamique à Gaza et en Judée – Samarie, où les terroristes du Hamas déclarent de plus en plus leur allégeance à l’Etat islamique. Après le massacre du mois dernier des journalistes français à Charlie Hebdo à Paris, plusieurs centaines de manifestants à Gaza ont agité des drapeaux de l’Etat islamique tout en brûlant le drapeau français en soutien au massacre.

Au cours des dernières semaines, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté plusieurs cellules d’arabes israéliens et de palestiniens de Judée-Samarie qui cherchaient à établir des cellules de l’État islamique. Au-delà de son rôle à la fois de leader et de facilitateur de l’insurrection dans le Sinaï de concert avec les Frères musulmans, le Hamas sert de pont entre l’Iran et les djihadistes sunnites. À la suite de l’opération Bordure de Protection de l’été dernier, le Hamas a commencé à reconstruire ses liens avec l’Iran. De 2005 et jusqu’au début de la guerre civile syrienne en 2011, lorsque le Hamas s’est senti obligé de soutenir les Frères musulmans qui combattaient le régime soutenu par l’Iran du président Bachar al-Assad, l’Iran servait de sponsor à l’état primaire du Hamas. L’Iran n’a jamais coupé entièrement son soutien au Hamas. Mais après la guerre de l’été dernier, il a rétabli son alliance formelle avec le Hamas.

Dans une interview à la chaîne de télévision du Hezbollah, la chaîne Al-Manar, Zahar du Hamas a appelé l’Iran à augmenter son aide au groupe terroriste. Il a également appelé le Hezbollah à renforcer sa coopération avec le Hamas et à envoyer des renforts terroristes à Gaza, en Judée et Samarie. Deux jours plus tard, le brigadier-général iranien, Amir-Ali Hajizadeh, commandant de la division aéronautique des Gardiens de la Révolution, répondait à l’appel de Zahar. Dans une interview avec l’Agence d’information iranienne Fars, Hajizadeh déclarait que l’Iran exporte la technologie de fabrication des missiles et d’autres équipements à la Syrie, à la Palestine ainsi qu’au Hezbollah libanais pour faire face et broyer le régime sioniste, l’ISIL (l’EI) et autres groupes Takfiri [c’est-à-dire faux islamistes].

Le rôle du Hamas sunnite comme pont entre, d’une part, la Confrérie sunnite des Frères musulmans égyptiens et les sunnites de l’Etat islamique, et d’autre part, et entre l’Iran chiite et le Hezbollah chiite, ce rôle du Hamas montre deux choses. Tout d’abord, que l’objectif du groupe djihadiste palestinien Hamas dépasse largement la destruction d’Israël. Le Hamas constitue une menace pour les populations bien au-delà d’Israël. Et son rôle dans la connexion terroriste n’est pas celle d’un petit joueur, mais d’un pivot et d’une force unificatrice.

Le rôle du Hamas montre également l’unité de la menace du totalitarisme islamique sunnite et chiite. L’Egypte reconnaît cette unité. Selon le quotidien arabe Al-Ahram, le chef de l’Autorité du Canal de Suez en Égypte, le lieutenant-général, Mohab Mamish, a déclaré que l’Egypte défendra la liberté du trafic maritime le long de Bab el Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden. La milice Houthi, soutenue par l’Iran, a renversé le gouvernement yéménite soutenu par les USA. Ces forces exercent désormais un contrôle effectif sur le pays, et avec lui, de Bab el Mandeb. Mamish a déclaré que l’Egypte « n’acceptera pas » la fermeture de la voie navigable qui « affecte directement le canal de Suez et la sécurité nationale ». En d’autres termes, l’Egypte voit une unité des forces terroristes dans le continuum sunnite-chiite et considère que la survie de l’Egypte dépend de la défaite de l’un et de l’autre.

Israël a fait tout ce qu’il a pu pour aider les efforts égyptiens dans le Sinaï. Les Commandants égyptiens ont pris une mesure inédite quand ils ont remercié publiquement Israël pour son aide. Pourtant, Israël est dans une impasse. Même s’il cherche à aider l’Egypte dans la lutte contre le Hamas et ses alliés dans le Sinaï, en raison des pressions américaines et européennes, Israël est contraint de laisser le Hamas reconstruire son infrastructure terroriste à Gaza. Comme l’a révélé dans un récent rapport, Meir Amit, le Centre de Renseignements et de Recherche sur le Terrorisme, même si les civils de Gaza souffrent d’une pénurie massive et du manque de logements, le Hamas a investi d’énormes sommes d’argent dans sa production nationale pour reconstruire son arsenal de roquettes.

Il a restauré une grande partie de son réseau de tunnels. Et il utilise de vastes ressources pour former et inculquer quelques 17’000 adolescents à Gaza, et pour former des milliers de nouvelles forces. Une nouvelle milice populaire a recruté 2’500 hommes. Deux cours d’officier du Hamas avec 1’060 cadets ont reçu leur graduation en Décembre 2014. Comme l’a dit le directeur du centre, le Dr. Reuven Erlich, au Jérusalem Post, « Israël va se heurter à ces forces et ces installations dans la prochaine série de combats ».

En d’autres termes, la capacité d’Israël à prendre des mesures efficaces contre le Hamas de concert avec l’Egypte est entravée par l’administration Obama qui insiste pour qu’Israël facilite le réarmement du Hamas - un développement qui menace à la fois Israël et l’Egypte. Et Israël n’est pas seul dans cette situation. L’Egypte est également l’objet de pressions du président Barack Obama et de son administration.

Dans sa guerre contre les forces djihadistes sunnites et chiites qui menacent de détruire l’Egypte, et entre autres choses, de causer un préjudice massif pour l’économie mondiale en mettant en péril le trafic maritime, l’Egypte se retrouve trahie par l’administration Obama. Le mois dernier, juste quelques jours avant l’appel des Frères musulmans à « un longue djihad intransigeant » contre l’Egypte, les dirigeants des Frères musulmans ont rencontré des hauts responsables américains au Département d’Etat. En réponse à la question d’un journaliste à propos de la réunion, la porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki a prétendu que malgré l’appel de la Confrérie pour la guerre sainte contre l’allié arabe le plus proche des Etats-Unis, l’administration n’a pas de regrets sur le fait de rencontrer et ainsi de conférer une légitimité et un soutien implicite américain à la Confrérie dans sa guerre contre le gouvernement al-Sissi.

Les leaders de l’opposition israélienne Isaac Herzog et Tzipi Livni ont basé leur campagne électorale sur le dénigrement du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour la crise des relations entre Israël et la Maison Blanche. Difficile de lancer une allégation plus destructrice et plus cynique que celle-ci. La complaisance de l’administration Obama avec la Confrérie musulmane en dépit de son adhésion pleine et entière au Nexus terroriste qui menace les Etats-Unis et l’ensemble de ses alliés les plus proches, ajoutée à sa quête désespérée auprès des mollahs iraniens, indique clairement que l’administration Obama a choisi d’apaiser plutôt que lutter contre les pires ennemis de l’Amérique.

Peut-être l’interprétation la plus sympathique des agressions injustifiées et nuisibles de Livni et de Herzog contre Netanyahu est qu’ils ne peuvent tout simplement pas accepter que le monde ait changé. Mais les tendances sont claires. La seule chose responsable qu’Israël puisse faire, est d’agir en conséquence. Aujourd’hui l’allié le plus proche d’Israël est l’Egypte. Sous l’administration Obama, les États-Unis sont une puissance d’action périphérique et non de coopération (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Caroline Glick - Février 2015 - carolineglick.com.

Paru en anglais dans The Jerusalem Post.

Traduction Europe Israël

© Copyright Europe Israël - reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif :

   
   
  

lundi 19 janvier 2015

Victoires progressives de l’islam djihadiste






Lucien SA Oulahbib  --  Les interdictions, de fait, maquillées en "annulation" faussement sécuritaires se multiplient, par exemple comme empêcher le film L'Apôtre d'être diffusé parce qu'il parle de la conversion d'un imam au christianisme (même le film Timbuktu a été déprogrammé par un maire UMP); ne parlons pas des rassemblements interdits de Riposte Laïque (18 janvier) ou de Pegida en Allemagne . Et de plus en plus le bouc émissaire semble tout trouvé : ce serait la critique de l'islam (réduite à "l'islamophobie") qui serait au fondement du djihadisme ! CQFD n'aurait pas mieux dit le fameux Monsieur de La Palice dont nous saluons le retour (ainsi Bruno Lemaire : " il faut être ferme envers le terrorisme"). Alors qu'en réalité c'est bien parce que le monde entier refuse de se convertir à l'islam tout court que le djihadisme trouve sa raison d'être, sa pointe radicale tuant "au nom de Dieu" ce qui est le plus grand des blasphèmes.

Mais loin d'en arriver évidemment à cette conclusion qui soit disant "amalgame" (alors qu'il n'en est rien puisque l'islam n'est pas une race mais un corpus et une pratique) la Secte Sociale-étatiste (SSE) nihiliste et cynique au pouvoir multiplie, en coulisses, les gages de soumission, tout en les maquillant évidemment en village Potemkine avec la façade Charlie Hebdo qui vient ainsi masquer le vide, absolu, d'une pensée et d'une pratique annonçant maintenant un ravalement cosmétique de "la République", la "laïcité", etc., multipliant depuis lors les journées d'étude et de réflexion inutiles comme appeler à des prêches en français alors que l'arabe est considéré comme la seule langue de prêche possible, tandis que la plupart des mosquées sont financées par des pays pratiquant l'islam radical dénoncé pourtant ; ces colloques au fond servant ainsi bien plus à occuper le narcissisme de la Secte  au pouvoir qu'à trouver de réelles solutions.

Sa réaction (on ne change pas une équipe qui perd) est somme toute assez humaine néanmoins : certes, sa politique depuis des décennies est à la racine de ce qui se passe aujourd'hui, mais elle ne peut, dans les faits, la contrecarrer puisqu'elle en vit. Elle ne peut donc que gesticuler dans les mots et dans les images, tout en montrant du doigt des boucs émissaires, en agitant le chiffon "extrême droite" au moindre refus de soumission. Un exemple de sa déroute totale (malgré les succès de librairies) ? Son analyse de la mobilité sociale en panne - la fameuse crise de l'ascenseur social qui serait parait-il le volet social principal du repli identitaire multiforme actuel - revient, en fait, à discréditer la volonté d'un jeune à faire boulanger comme son papa alors qu'il est sommé de faire "mieux" que lui (ou comment se moquer également qu'un jeune diplômé puisse préférer l'ambiance de son boulot alimentaire ou qu'une jeune diplômée de la "diversité" arrête sa trajectoire universitaire pour devenir directrice d'une parfumerie) alors qu'ils devraient quitter cette "aliénation" qu'est le "travail" pour "monter", faire partie de "l'élite", ce qui pourtant ne veut rien dire ou alors est purement quantitatif, car souvent il vaut mieux faire le travail dans lequel l'estime de soi est au mieux que de se couler dans un moule asséchant.

Sauf que ce sectarisme au pouvoir a incité le maintien d'un collège unique (unilatéral en fait) dans lequel par ailleurs on s'ennuie (rêvassant alors à devenir dictateur respecté avec harem à la clé dans les califats en gestation) puisque l'enseignement diffusé est de plus en plus lénifiant redondant trompeur réduisant par exemple l'altérité à la différence, au relativisme, au nihilisme excluant la confrontation émulatrice qui affine au lieu de conserver seulement le quant à soi, passant sous silence le refus des États dits "arabes" d'accepter la partition en 1947, refusant de souligner que l'analyse des inégalités et de la mobilité est complètement fausse puisque à ce compte la lutte contre les inégalités est un succès en Corée du Nord ou naguère dans la Chine de Mao étant l'écart bien moindre des revenus réels sous le régime communiste.

Comme quoi l'analyse des écarts n'est pas le seul critère tangible n'en déplaise à un Piketty  qui au fond participe également à cette réduction du réel à quelques paramètres que l'on monte en épingle alors que la hausse des rejets civilisationnels n'a qu'une faible part sociale, les djihadistes en action ne recrutant pas en majorité parmi les plus miséreux contrairement à l'analyse pavlovienne ou behavioriste d'un Plenel décidément en position d'avoir servi sans doute de modèle type pour le livre "Soumission" de M.H. On dirait donc presque, une semaine à peine après "la-plus-grande-manifestation-depuis-la-Libération", d'avoir atteint en réalité et de plus en plus le degré zéro de la pensée et de l'action.

Reproduction autorisée avec mention :

Lucien SA Oulahbib - http://www.resiliencetv.fr/

  

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