La fabrique anti-juive et néo-communiste



 

 
Lucien SA Oulahbib  --  C'est très simple, pour le premier cas, il suffit qu'un(e) prof continue à demander à ses élèves de "réfléchir" sur le brûlot de Hessel, Indignez-vous, aujourd'hui, en 2015, alors que sur 19 pages PDF, 13 pages effectives, sa "principale indignation" est consacrée à l'avant dernière opération israélienne ("plomb durci") contre les exactions du Hamas que Hessel "comprend", même s'il n'en partage pas la "violence", sauf que cette réserve a peu de poids dans le débat ouvert par l'assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo lorsqu'une lycéenne de seconde me demande s'il n'y a pas "deux poids deux mesures", même au moment où l'on commémore la Shoah et que l'on ne dit rien ou si peu sur ce que "font les israéliens aux enfants palestiniens" et elle aussi, cette lycéenne, doit travailler sur ce texte à charge de Hessel, cette bombe pratique qui enflamme les cerveaux de tant de jeunes persuadés de sa vérité, sans qu'aucun contraire puisse être énoncé sur la réalité objective du refus, viscéral, islamo-arabe d'un État nommé Israël.

En ce sens poster des militaires devant et détruire derrière revient à jouer aux pompiers pyromanes ; mais l'État en France est habitué dans le cassage de jambes pour proposer des béquilles, inadaptées, en plus, tant tout est fait en dépit du bon sens comme ces grandes marches d'escalators mal conçus ici et là dans des métros et RER à la foule tendue alors que cela fait des années qu'il fallait faire passer l'intérêt général de la multiplication des transports en commun devant les intérêts particuliers des syndicats RATP et SNCF qui aujourd'hui se mettent en "droit de retrait"alors qu'ils sont également responsables de la dégradation actuelle.

Il n'est d'ailleurs pas sûr que "l'arrêt de l'immigration" fasse quelque chose en la matière tant les forces la jouant "anti-système" ne veulent au fond que le "nationaliser", l'étatiser, à leur profit (comme au bon vieux temps) retour dans les livres d'Histoire du réalisme socialiste dans lesquels Siriza et Podemos (Thelma et Louise) puisent leurs verves romantiques ou le triomphe enfin total dudit "art" contemporain, cet art décoratif en fait, triomphe de l'illustration chic, immense happening avec chaque manifestant comme sculpture hyperréaliste en attente de son "twitt" de gloire, 15 mn en 140 mots c'est mieux, même si la caméra go pro c'est pas mal non plus pour les artistes djihadistes coupeurs de têtes sur vidéo orangée, et capables en plus de créer toute une faune complotiste jurant mais oui qu'il n'y a même pas de sang, le policier à terre n'étant qu'un figurant, sûr, illustration complète du degré de folie totale dans lequel est plongé le pays et son budget "éducation" pléthorique à la recherche ces temps-ci de rustines "laïques".

Ces mouvements éperdus de foules erratiques sont ceux en réalité de poules, d'oies, sans tête qui dans ce cas sont gavés directement par le gosier avec d'autres théories du complot (la "Troïka" aurait comme poussé la Grèce à faire des dettes, mais oui) tout en proposant comme espoir le retour à l'espérance communiste stricto sensu, demain on rase gratis, le port de Marseille en pis, la déshérence de populations bercées à l'anti-libéralisme/capitalisme primaire, persuadées que la planche à billet résoudra tout, qu'enfin pouvoir piller le voisin d'à côté devient à portée de "kalach", ou de Piketty, l'envie à portée de tous, démocratie/démagogie oblige ; le bouc émissaire variant selon les boutiques bien sûr, ici le banquier, là le juif, là-bas l'immigré, plus loin l'Allemand, l'Américain, le Russe, méchant Poutine, gentil Obama, l'Arabie Saoudite c'est tendance renchérit la patronne du FMI…

Il s'opère sous nos yeux comme un maelström attrape-tout, "orages d'aciers" en perspective pour les futuristes en herbe. Entonnant l'Internationale au Pirée, à Madrid, à Paris, le drapeau soviétique en avant à Athènes, la quenelle à Paris, et bien sûr aucune commémoration du Goulag à l'horizon, rien, chut ! en Chine on ramasse des contrats tance Valls, sinon en sourdine, comme les sons de canon du front de l'actualité, les éternels chiffres de bourrage de crâne parlant des "inégalités", des "riches", toute une démagogie purulente, un océan de mensonges montrant évidemment quelques bras cassés et autres pieds tordus comme au grand jour de la Cour des Miracles, exhibés par tous ces zigotos s'y croyant déjà en haut de l'affiche…

Sauf qu'en France, du moins, c'est le FN qui oscille entre 29 et 32% au premier tour des Présidentielles et nous en sommes qu'en 2015… ; Hollande désirant se reconduire, il n'est alors pas sûr qu'il les fasse les "51%" dans deux ans, pas sûr du tout, et il n'est pas sûr non plus que cela soit le style greco-espagnol qui fasse tâche d'huile (où en sera-t-il dans deux ans ? et Chavez ? Où est-il ?) dans une France qui n'a pas oublié que le programme du CNR et la dictature technocratique de droiche ou de gaute n'ont rien donné depuis 60 ans n'en déplaisent aux béats du gaullo-communisme avec son plan Bull et son Concorde. On a eu le Crédit Lyonnais et la Société Générale instead.

Il flotte de plus en plus dans l'air un mouvement d'irréalité à la recherche du spectre capable de tenir le spectre impossible d'une perception abandonnée à la houle de la foule idéalisée, faute de mieux, elle-même en attente de la moindre illusion pour mieux oublier que "la" réalité ne sera jamais semblable à ce qui avait été prévu par les "stratèges" supposés, "vus à la TV" ou sur "les réseaux". Et vogue la galère. Sauf que l'usure guette, et la falaise peut s'effondrer, d'un instant à l'autre. Quelle falaise ?…

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Lucien SA Oulahbib - http://www.resiliencetv.fr/
  
  

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