J’ai le devoir de vous annoncer que le FN a gagné



 

 
Michel Garroté  --  Je l’ai déjà écrit des dizaines de fois : je n’éprouve ni allergie, ni allégeance à l’égard du Front National (FN). Il m’est arrivé, à diverses reprises, de tourner le FN en dérision et d’allumer l’un (e) ou l’autre de ses responsables. J’ai maintes fois écrit qu’à mon avis le programme économique du FN était - hélas - étatiste et protectionniste ; et non pas, libéral et conservateur. Bien. Cela étant posé, je ne considère pas - contrairement à mes confrères journalistes parisiens - que le FN ait « manqué » les élections départementales (s’il y a un acte manqué, c’est bien celui de Valls).

Je considère, au contraire, que le résultat des départementales constitue une victoire du FN, même si je ne m’en réjouis pas (et ne me parlez surtout pas des « sondages », cette mauvaise farce à répétition). La presse française dite « nationale » (en réalité parisienne-crapouillot et à faible tirage), malgré son anti-sarkozysme obsessionnel (provoqué en partie par le petit Nicolas-soi-même), allègue que l’UMP/UDI et donc, toujours selon elle, Sarkonul-roi-des-cons, aurait gagné dimanche, ce qui est évidemment ridicule et inexact. La presse française régionale (et souvent à très gros tirage) en revanche, admet la victoire du FN.

Cela dit, j’ai tout de même déniché deux journalistes de la presse parisienne ayant publié un article objectif et sérieux (ils vont se faire engueuler par leurs con-frères) sur le résultat du premier tour des départementales (voir ci-dessous). J’ajoute que Vallsounnet a fait une énorme publicité gratuite au FN en le diabolisant à outrance ; et qu’il est donc mal placé pour commenter - peu importe sous quelle forme d’ailleurs - le résultat frontiste (mariniste ?) aux départementales.

J’ajoute encore que le FN a fait 25% en chiffres ronds, ce qui, a contrario, signifie que 75% des Français - merde alors ! - n’ont pas voté FN. Même remarque pour l’UMP/UDI. Elle a fait 32%. Donc, 68% des Français n’ont pas voté UMP/UDI et n’ont pas non plus voté pour l’adolescent narcissique Sarkouille-le-gueux. Enfin, 49,83%, la moitié des électeurs, se sont abstenus de voter, parce qu’ils n’en ont plus rien à foutre de la politicaille franchouillarde.

Le FN à un niveau inédit

Sur lexpress.fr, Matthieu Deprieck et Alexandre Sulzer ont le courage de publier une analyse - concrète et honnête - du résultat des élections départementales (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Jusqu'ici, le Front national n'avait jamais recueilli plus de 15% des voix exprimées lors de cantonales. Ce dimanche, il se situe autour de 25% selon les estimations nationales. Le FN retrouve ainsi son niveau des européennes 2014 (24,86%) et s'enracine dans le paysage politique français. Pour la première fois de son histoire, il décroche également des sièges de conseiller général avant même le second tour. Et pas qu'un seul, mais huit.

FN - Le premier parti de France, ou presque

La question relève de la communication politique mais elle concentre les débats. Le FN est-il le premier parti de France ? Non, affirment politiques et commentateurs. Selon Ipsos, par exemple, les listes investies par l'UMP ont obtenu 32,5%, par le FN 25% et par le PS 24%. Dans le détail, le tableau est bien différent. Le score de l'UMP englobe celui de l'UDI et des "divers droite" puisque la droite se présentait unie dans la majorité des cantons. Dans son décompte par parti, le ministère de l'Intérieur attribue 6,74% à l'UMP, 1,33% à l'UDI et 21,12% à l'union de la droite. Autrement dit, on peut considérer qu'au maximum, l'UMP recueille 27,86% des voix, en ne tenant pas compte du poids de l'UDI dans les binômes qu'ils forment avec l'UMP. Le Front national n'a pas ce problème: il est sans allié. Et il recueille 25,19% des suffrages. Tout près donc, de l'UMP sauvée par ses partenaires de droite.

Le FN souverain en son royaume

Dans les onze villes remportées par le Front national l'année dernière, les binômes FN arrivent en tête au premier tour des départementales. Ils sont même déjà élus à Fréjus (Var) et au Pontet (Vaucluse). Dimanche prochain, ils pourraient être rejoints par leurs camarades à Beaucaire (49,28%), Hénin-Beaumont (49,44%), Béziers (44,12%, 45,74%, 46,86% sur les trois cantons de la ville). Sur la seule ville du Cogolin, dans le canton de Saint-Maxime, le FN recueille 53,31% des voix. "Essayez le FN, c'est l'adopter", a ainsi lancé tout sourire Marine Le Pen sur RMC ce lundi matin. Dans ces villes, le vote frontiste n'est pas un accident mais relève visiblement de la conviction. "Ces candidats forment l'ossature des cadres FN de demain, souligne le politologue Jean-Yves Camus qui dirige l'Observatoire des radicalités politique à la Fondation Jean-Jaurès. Marine Le Pen a misé sur le local. Les résultats prouvent qu'il s'agit d'une stratégie gagnante".

Le FN consolide ses bases

Le Front national est toujours aussi puissant dans le nord, l'est et le sud-est de la France. Il pointe en tête dans le Pas-de-Calais, les trois départements de la Picardie et le Vaucluse. Dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Var, l'extrême droite talonne la droite. Dans cinq départements, le FN sera présent dans tous les cantons au second tour (Vaucluse, Var, Bouches-du-Rhône, Oise, Aisne), c'est-à-dire dans ses zones de force historiques.

Le FN poursuit sa conquête des territoires

Au-delà du nord et du sud-est de la France, le Front national s'implante dans des coins qui s'étaient toujours refusés à lui. C'est particulièrement le cas sur la façade atlantique, de la Bretagne au Pays basque: Côtes-d'Armor (18,99%), Ille-et-Vilaine (18,39%), Loire-Atlantique (18,30%), Gironde (22,78%). Les Pyrénées-Atlantiques résistent (11,85%). Dans certains autres départements, le FN présente des résultats inférieurs à la moyenne nationale. Mais très largement supérieur à ce qu'il faisait il y a quelques années encore. Par exemple, la Creuse. Le FN y fait 17,58%. "Dans les années 90, il faisait autour de 5% et ne présentait que un ou deux candidats dans tout le département", remarque Jean-Yves Camus. Dans le canton de Carmaux-2 (Tarn), patrie de Jean Jaurès, le FN arrive en première position (24,10%) devant le candidat de la gauche. Un symbole impensable il y a quelques années; En 2008, le FN avait recueilli 6,20% à peine des voix. Et n'avait évidemment pas pu se qualifier pour le second tour.

Un enracinement dans toutes les électorats

Au-delà de la conquête de nouveaux départements, le FN s'implante également dans des territoires sociaux plus diversifiés. Par exemple en Picardie, terre où le FN est traditionnellement fort, il stagne par rapport aux européennes dans ses zones de force... mais "progresse dans les cantons bourgeois comme Senlis ou Compiègne ainsi que dans les cantons urbains comme ceux d'Amiens", remarque Joël Gombin, chercheur en sciences politiques. Le FN ne se contente pas d'être un parti de zone péri-urbaine mais devient aussi un parti qui peut faire des scores importants dans des secteurs résidentiels privilégiés. "C'est dans les cantons qui ont le plus voté Nicolas Sarkozy en 2012 que le FN progresse le plus en 2015", observe ce spécialiste de la carte électorale FN. 

"Les observateurs s'attendaient à une explosion du vote FN. Mais ce n'est pas comme cela qu'il procède. Il grignote, progresse par seuils", conclut Jean-Yves Camus. Mais s'il ne peut peut-être pas se targuer d'être le premier parti de France, le FN continue bel et bien à finaliser son enracinement géographique et socio-territorial.

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Commentaires

  1. Le plus insupportable fut la diatribe intolérante de Vals, hurlant, braillant contre Marion Maréchal qui reprochait ses mensonges à la médiacratie du PS. Le visage déformé par la haine et le refus de la parole de "l'autre", Vals se montrait le champion de la violence fasciste de gauche qu'il prétendait combattre. Très édifiant!
    Et puis la manipulation des sondages, qui donnaient 31% au FN a été saisissante. Il était facile aux journaleux de "montrer l'échec du FN: 26%... et cinq cent mille voix de plus qu'il y a un an, sans les électeurs de la région parisienne ni ceux de Lyon. Echec pour qui ?

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  2. En tous cas, je suis content que le FN avance, et même si rien, ni personne n`est parfait dans ce monde, je me réjouis à l`idée qu`il puisse arriver au pouvoir en France.
    De toute manière, il n`y a vraiment aucune autre alternative meilleure, et je refuse tout procès d`intention d`un parti qui n`a encore jamais gouverné.

    Quoiqu`il en soit, MLP, si elle est élue, devra faire face a une ADVERSITÉ MONUMENTALE pour essayer de sortir la France du bourbier dans lequel les socialistes l`ont enlisée. Il y aura des temps difficiles, des sacrifices..des retombées, et le peuple francais devrait être solidaire, tout comme le peuple russe est solidaire et soutien Vladimir Putin.
    Avec MLP les francais auront une leader qui sera à leur faveur et travaillera pour la France. ENFIN !

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    1. C`est un plaisir de voir que sur ce blog, on peut dire qu`on est à faveur du FN sans se faire aussitôt injurier par les idiots utiles et aveugles du système.
      Meilleur succès et longue vie à votre Blog Mr. Garroté.

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